pluie

Il aimait la pluie ...
Et le martèlement inlassable des gouttes sur le carreau, dont la rythmique l'apaisait.
C'était une berceuse.
Il aimait observer par au dehors l'eau qui vernissait tout.
Tout qui semblait propre et sale à la fois.
Les couleurs qui semblaient ternes et pourtant ravivées.
La pluie, c'est le paradoxe de la propreté et de la saleté.
De la lumière qui s'obscurcit.
Des gens qui fuient l'eau qui nous est nécessaire.

Il aimait aussi la pluie quand il était dessous.
Il appréciait ces gouttes d'eau qui rafraichissaient son visage.
Qui le faisait se sentir vivant.
Ce n'était plus le battement des gouttes contre le carreau mais le chant de la pluie de la rue.
La mélodie des gouttes alimentant les flaques, les voitures qui les franchissent.
L'écho du rideau d'eau émanant des allées.
Les gouttières qui se déversent, pleines à rabord.
Les gens qui courent pour ne pas se mouiller.

Il aimait également le pluie, quand elle était déluge.
Car elle avait la vertu de le déplacer dans une véritable bulle,
De le couper du monde.
Il aimait voir les cheveux détrempés des femmes,
Cela décuplait leur charme.
Il aimait également se faire surprendre en T-Shirt,
Et que celui-ci, mouillé, dessine sa carrure dont elle attirait indéniablement le regard,
des femmes aux cheveux mouillés évidemment.

Par dessus tout, il aimait l'orage.
Ces grondements sourds qui semblaient provenir du centre de la Terre.
Mais également le grand fracas qui déchirait le ciel par son son et sa lumière.
Il se plaisait à s'imaginer un jour réconforter sa chère et tendre, qui, elle, craindrait le tonnerre.

Mais quand pluie et orage se mêlaient,
Il se sentait vraiment vivant.